Imprimez
Malgré une mobilisation aussi forte que celle qui avait empêché l’expulsion prévue le 18 août [1], Souleymane Bagayogo a été expulsé vers le Mali aujourd’hui peu après 17h.
Bien que sans-papiers Souleymane avait un contrat de travail et payait ses impôts. Il est marié et père d’une petite fille de neuf mois née en France.
Son employeur - la société OSP de Pavillons-sous-Bois - l’avait embauché en oubliant de déposer la demande d’habilitation préfectorale obligatoire pour les agents de sécurité.
Licencié pour faute grave, Souleymane a saisi le tribunal des Prud’hommes. Le motif du licenciement - absence de titre de séjour - est pour le moins cocasse. L’employeur semblait en effet préférer les sans-papiers, forcément moins disposés à faire respecter leurs droits car sous la menace permanente de leur expulsion.
Peu de temps après, Souleymane était arrêté sur son lieu de travail au magasin Monoprix du Bourget et placé au centre de rétention de Bobigny. Son employeur dément l’avoir dénoncé.
La préfecture a retiré à la société OSP son agrément, démontrant ainsi que l’employeur ne respectait pas la législation en la matière. Aucune autre sanction n’a été prise contre lui.
![]()
Au plafond de l’aérogare 2E de Roissy pendent des publicités géantes d’Aéroports de Paris et Bouygues, partenaires du musée Branly. On peut y lire, un rien désabusé, "Musée du quai Branly, là où dialoguent les cultures ".
[1] lire notre article : Le vol AF796 à destination de Bamako est parti sans Souleymane Bagayogo.