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Syndicat CGT Air France : expulsions, la Direction d’Air France doit cesser de cautionner !


samedi 16 juin 2007 - Réagir Imprimez

Depuis un an, des centaines de « reconduits aux frontières » ont été et continuent d’être expulsés à bord d’appareils portant les couleurs de la Compagnie.

Au-delà des questions de fond que pose cette politique, que la Confédération Générale du Travail dénonce en rappelant que les lois adoptées par le gouvernement participent à l’augmentation du nombre de personnes en situation irrégulière, nous déplorons une aggravation de la situation.

Les moyens utilisés pour expulser coûte que coûte des personnes étrangères révèlent de la part des forces de l’ordre une grande brutalité. La presse s’en fait régulièrement l’écho.

Les Personnels de bord ainsi que nos passagers sont les témoins contraints et forcés de scènes d’une extrême violence.

Nos passagers et nos collègues y assistent impuissants. Il arrive que sous leurs yeux, des êtres humains soient humiliés physiquement et moralement. Il est avéré que toute réaction courageuse de leur part entraîne leur mise en détention puis leur mise en examen, quand ils ne se retrouvent pas eux-mêmes mis à terre.

Air France s’est constituée à plusieurs reprises partie civile contre des passagers qui s’étaient indignés de ces brutalités.

Nos passagers comme nos collègues n’ont rien demandé. Ils aspirent simplement pour les uns à trouver dans nos avions sécurité et quiétude et pour les autres des conditions de travail dignes de ce nom. C’est au contraire insécurité et violence qui leur sont imposées.

Le traumatisme est bien réel.

Le malaise monte parmi les Personnels. Il s‘amplifie. Nos collègues arrivent à la même conclusion : ce n’est pas à Air France d’assumer cette sale besogne.

La Compagnie Air Canada montre une des voies à suivre. Son Assemblée Générale des actionnaires, réunie le 30 mai 2006, a adopté une résolution proposée par les représentants du personnel visant à ne plus procéder par vols commerciaux à des expulsions.

Une Commission a été mandatée. Les deux parties, Air Canada, et la Canadian Border Services Agency (équivalent Canadien du Ministère de l’Immigration) sont tombés d’accord. Il ne sera plus procédé à des expulsions sur les vols commerciaux d’Air Canada et de ses filiales.

Les membres de Star Alliance pourraient bien adopter cette position. Il est évident que nos passagers y seront attentifs.

La CGT et l’Ugict-CGT sont intervenues à plusieurs reprises en Session du CCE, du CE.OA, pour demander l’arrêt de ces reconduites à bord d’avions Air France. En coopération avec des associations humanitaires, la CGT au niveau confédéral, organise des mobilisations et intervient auprès des autorités.

Le devoir de la direction d’Air France devrait être, comme elle a su le faire en 1998, d’imposer un moratoire sur le transport d’expulsés.

Le syndicat CGT Air France



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1 commentaire


Par michele

14 avril 2009 22:48

Je vous soutiens dans cette demande

j’ai assisté à une expulsion vers le Brésil

Voici la lettre que je vais envoyer

Michèle Bellemin Le Villard 73 470 NANCES

Monsieur Sarkosy Président de la République Monsieur Besson Ministre de l’Immigration, de l’intégration et de l’identité nationale Monsieur Kouchner Ministre des Affaires Etrangères et Européennes Madame Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme Madame Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales COPIE à Monsieur le Directeur d’Air-France

Objet : Lettre ouverte Récit d’un sordide trajet en avion Paris Sao-Paulo

Monsieur le président de la République Madame la Ministre, Madame la Secrétaire d’Etat Messieurs les Ministres,

Le lundi 16 février, le cœur en fête , nous montons dans l’avion Air-France pour un envol vers Sao-Paulo. De là, nous irons jusqu’à Vitoria où nous attendent nos amies qui conduisent des programmes de développement au bénéfice de communautés défavorisées Des liens forts et particuliers nous unissent : depuis de nombreuses années l’association humanitaire dans laquelle nous agissons soutient leurs actions et nous avons hâte de les revoir.

Au moment où nous nous installons, les cris et les pleurs d’une personne venant du fond de l’avion attirent mon attention. Je ne comprends pas : est – ce une personne qui a fait une chute , qui s’est blessée et qui souffre ? Mais très vite, surgit la réalité et j’aperçois le visage d’une jeune dame en pleurs. Je repère 3 hommes avec leur « bandeau police » autour du bras : deux hommes et une femme eux aussi très jeunes. Je réalise. Il s’agit d’une expulsion.

Je vais m’apercevoir avec effroi une fois revenue en France après avoir lu le témoignage de Modibo Sissoko expulsé vers Bamako que « sous la couverture beige d’ Air-France » cette jeune dame avait sans doute poings et pieds liés par du scotch pour être immobilisée : maintenant que je l’ ai compris, à retardement, j’ai des frissons , la révolte et le chagrin m’envahissent. Je pense à vous Madame.

Mon mari et moi ne supportons pas ce qui se passe et nous alertons notre entourage : « cette personne ne veut pas partir à Sao - Paulo . On ne peut pas la forcer contre son gré. Elle doit pouvoir descendre de cet avion. » Les policiers nous repèrent et nous demandent de nous calmer. Nous comptons sur la solidarité des personnes qui sont autour de nous, mais nous nous apercevons qu’elles ne nous comprennent pas : nous sommes les deux seuls français à l’arrière de l’appareil et personne ne s’associe à notre indignation et à notre demande. Nous nous insurgeons et nous crions notre honte par rapport aux agissements des gouvernants de cette France dont la Constitution est sensée garantir les libertés et les droits de l’homme. La jeune femme policière nous menace de poursuites : je pense à mes trois enfants qui ont sensiblement le même âge épargnés et d’avoir à subir un tel traitement et par ailleurs d’avoir à mener un aussi détestable travail. Cette jeune femme obéit aux ordres de ses supérieurs et nous fait remarquer que nous sommes seulement deux à faire du tapage ; elle me dit d’écrire au ministre de l’intérieur. Je lui promets que ce sera fait et qu’à mon retour en France je témoignerai…. le commandant de bord explique alors pourquoi l’avion prend du retard et annonce le décollage. Nous n’entendrons plus cette jeune personne pendant le reste du voyage. Par quel drame était-elle habitée ? Qui, que laisse-t-elle en France ? Tout un passé ? Tout un avenir ? Méritait-elle une telle humiliation publique ?

Le choc est terrible. Mon impuissance à agir me poursuivra toujours. Je regrette de ne pas avoir eu le réflexe d’aller intervenir en cabine de pilotage… J’ai appris à mon retour que si les pilotes avaient décidé de ne pas décoller, cette jeune personne aurait pu échapper à son expulsion ce jour-là ……. Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre, Madame la Secrétaire d’état , Messieurs les Ministres, comment pouvez-vous savoir ? Voyagez-vous dans les avions où se passent de telles situations insupportables, inhumaines, révoltantes et inacceptables qui ont été vécues ce jour - là non seulement par de nombreux adultes de plusieurs pays d’ Europe et d’ailleurs mais aussi par de très jeunes enfants ne comprenant pas ces plaintes et ces pleurs ? Si tel était le cas, pourrais-je espérer de votre part un changement de méthode ou devrais-je admettre que vous agissez sans humanité ? Quel sens donner à ces pratiques françaises où l’intimidation, la répression, la rétention, l’expulsion, l’humiliation, l’injustice prennent le pas sur la fraternité, l’égalité, la solidarité ? Comment croire encore Monsieur le président de la République, Messieurs les Ministres, Madame la Secrétaire d’Etat que vous êtes garants des valeurs républicaines, des droits de l’homme et de la dignité humaine ? Etait-ce un hasard que cette expulsion ait été programmée alors que le nombre des voyageurs français à l’arrière de l’avion était infime ?

Même si l’incompréhension, voire l’indifférence et l’inertie des passagers étrangers m’ ont fortement étonnée, inquiétée, et même si le personnel d’Air-France mis devant le fait accompli au dernier moment accepte de telles conditions de travail, j’ai confiance, des voix s’élèveront de plus en plus nombreuses dans les avions expulseurs.

Parce que nous sommes dans le pays qui a vu la naissance de la Déclaration des Droits de l’Homme, il est de mon devoir de témoigner et de croire à de futurs témoignages. Plus que jamais, ma conscience est en éveil et le restera , et plus que jamais je serai aux côtés de ceux qui refusent l’inacceptable et qui résistent par des actes quotidiens à ce qui menace, offense, humilie, et réprime injustement .

Dans l’attente des réponses aux questions posées je vous prie d’agréer l’expression de mes lucides sentiments

Michèle Bellemin


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