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Fronde pacifique de sans-papiers dans le centre de rétention du Mesnil-Amelot près de l’aéroport de Roissy


mardi 25 décembre 2007 - Réagir Imprimez

Des sans-papiers du centre de rétention du Mesnil-Amelot interpellent leurs consuls et affichent leurs doléances.

Un vent de révolte agite depuis ce week-end le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), où sont enfermés les étrangers en situation irrégulière en attente d’une éventuelle expulsion. Dernière étape : plusieurs d’entre eux ont rédigé samedi un courrier « à tous les consuls » qui devrait partir dans les prochains jours. Pour qu’un sans-papiers puisse être reconduit à la frontière, il faut en effet que son ambassade lui délivre un laissez-passer. Sans ce sésame, pas d’éloignement. « Nous sommes tous retenus pour défaut de papiers en règle, ce que nous ne contestons pas, écrivent les protestataires. Mais nous aimerions vraiment vous sensibiliser que la plupart de ces personnes qui seront rapatriées avec votre concours sont des responsables de familles qui travaillent et paient des impôts, ont des fiches de paie, tout en subvenant aux besoins des leurs qui se trouvent ici et dans leurs pays d’origine ».

« Petits mots » . Ce courrier est la « troisième étape » de ce mouvement de protestation. « Nous avons commencé par écrire des petits mots sur des bouts de papier que nous avons mis sur nos chemises », rappelle Abou Ndianor, 39 ans, professeur sénégalais de mathématiques, depuis six ans en France. Ainsi : « Suis-je humain ? », « l’immigration enrichit la France » ou « on n’est pas des chiffres » [allusion aux 25 000 expulsions réclamées par Sarkozy pour 2007, ndlr].

Le même jour, les protestataires ont remis au chef du centre une série de doléances. Ils demandent notamment « l’arrêt des rafles et des arrestations par traîtrise quand un étranger sans papiers se rend à une convocation à la préfecture ou au commissariat ». Plus généralement, ils dénoncent « la politique du chiffre du gouvernement, l’arbitraire, l’absurdité et l’injustice de certains cas ». Nabil Salhi, tunisien, est marié à une compatriote titulaire d’une carte de résident de dix ans. Kadiakhe Lassana, sénégalais et asthmatique, est l’époux d’une Sénégalaise en situation irrégulière. Ils sont parents d’une petite fille scolarisée et d’un nouveau-né.

Pour Stéphano Rega, permanent de la Cimade au Mesnil-Amelot, ce type de mobilisation est exceptionnel : il est « rare que des détenus osent prendre une initiative collective de ce genre, c’est le signe du niveau d’exaspération provoquée par la chasse à l’homme à laquelle nous assistons actuellement ».

Quelle suite l’administration donnera-t-elle à ce mouvement ? « En général, les pics de protestation ne durent pas longtemps. Les étrangers sont changés de centre pour casser le groupe », signale la Cimade. Hier, rien de tel ne s’était encore produit. Les protestataires ont été reçus par le responsable du centre. Selon eux, celui-ci leur aurait déclaré que beaucoup de doléances n’étaient pas de son ressort et que la seule chose qu’il pourrait faire est d’appeler les préfectures pour savoir si les dossiers de ces sans-papiers pouvaient être rejugés.



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