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Pétition "Un Visa pour Souleymane Bagayogo"


Retour sur une expulsion exemplaire

lundi 18 septembre 2006 - Réagir Imprimez

Souleymane BAGAYOGO salarié, contribuable sans papiers depuis dix ans, a été expulsé le 25 août vers le Mali. Peu avant, il avait attaqué son employeur devant la justice pour faire respecter ses droits.

L’audience des Prud’hommes aura lieu le 18 octobre.
Une pétition est en cours [1] pour exiger du Préfet de Seine-Saint-Denis qu’il lui délivre le visa qui lui permettrait de participer à l’audience.

PDF - 87.8 ko
Pétition "Un Visa pour Souleymane"

Les lois Sarkozy ne sont pas au-dessus du Code du Travail : conformément au Droit International du Travail, Souleymane doit bénéficier d’un visa pour le 18 octobre.

Un rassemblement est prévu
mercredi 18 octobre
devant le conseil des Prud’hommes de Bobigny
Immeuble l’Européen - Promenade Jean Rostand
93000 BOBIGNY

Nous voudrions en profiter pour revenir sur cette expulsion, révélatrice de l’inutile cruauté de la politique démagogique de M. Sarkozy.

Car l’expulsion de Souleymane Bagayogo est en cela exemplaire.

Souleymane a quitté le Mali pour venir vivre en France. Savait-il qu’il gagnerait ainsi 28 années d’espérance de vie comme le révèlent les froides statistiques internationales
 [2] ?
Sans doute pas aussi précisément. Mais cette simple donnée justifie à elle seule son choix de traverser l’océan et les frontières au péril de sa vie.

Continuons et posons une question avec le cynisme ambiant de notre époque : était-il rentable ou coûteux ?

Pour vivre Souleymane travaillait.
Il avait un contrat de travail et son employeur payait toutes les cotisations qui financent nos systèmes de protection sociale.
Pour vivre Souleymane consommait. Il payait donc la TVA, première ressource fiscale, et toutes les autres contributions à la solidarité nationale (TIPP, taxe d’habitation, etc).

Mais au fait comment ce sans-papiers pouvait-il travailler ?...
Surgissent alors des questions rarement abordées et pourtant essentielles :
- Pourquoi OSP [3] semble-t-elle préférer les sans-papiers ?
- Pourquoi le préfet, si réactif lorsqu’il s’agit d’expulsions [4], se révèle-t-il si laxiste pour contrôler les sociétés de surveillance, profession sensible soumise à agrément préfectoral [5] ?
- Ne vous paraît-il pas incongru que ce soit un sans-papiers qui emmène ceux qui chapardent dans les magasins Monoprix au commissariat et qu’il lui arrive même de déposer plainte ?
- Monoprix ne devait-il pas s’assurer que son sous-traitant OSP respectait la règlementation en matière de travail clandestin ?
- La menace constante d’une dénonciation et d’une expulsion modifie-t-elle les rapports entre employeur et travailleur ?
- Est-ce une coïncidence si Souleymane a été expulsé peu de temps après avoir attaqué son employeur aux Prud’hommes ?
- Qui d’autre que son employeur auraît eu intérêt à informer la police que Souleymane travaillait ce 25 juillet au Monoprix du Bourget ?
- Une procédure aux Prud’hommes est-elle plus facile à suivre de France ou du Mali ?
- Si vous étiez expulsé, laissant sans ressources votre femme et votre fille de neuf mois, quel serait votre principal objectif ?
- Faut-il être préfet ou ministre pour ne pas réaliser qu’il est vain autant qu’inhumain de séparer un homme de sa femme et de sa fille ?

Un égoïsme pas vraiment nouveau

Fernand Raynaud se moquait déjà de ce douanier fustigeant "l’étranger venu manger le pain des français" ... avant de réaliser qu’il avait fait partir le seul boulanger du village.

Pierre Perret chantait "Lili, arrivée de Somalie, dans un bateau plein d’immigrés, venus tous de leur plein gré, vider les poubelles à Paris".

De tous temps le racisme ordinaire a nié une évidence : les immigrés, surtout s’ils sont clandestins, sont surexploités et n’ont d’autres moyens pour vivre que de travailler et de consommer. Ils participent ainsi à la vitalité de l’économie nationale en exerçant les métiers les plus durs et les moins valorisants.

«  Il n’y a pas de racisme entre riches : eux, ils produisent éventuellement des doctrines de racisme ;
mais les pauvres en produisent la pratique, bien plus dangereuse.
 » - Umberto Eco

Notes

[1par voie postale en imprimant le tract en haut de cet article

[2Espérance de vie d’un malien : 47 ans , d’un français : 75 ans ;
PIB par habitant en 2004 au Mali : 370 $, en France : 27 800 $

[3société Omnium Sécurité Prévention (OSP), 8 boulevard Roy, aux Pavillons-sous-Bois

[4La procédure d’appel pour casser l’annulation de l’expulsion s’est terminée en un temps record de trois jours. Alors qu’un appel se compte en mois voire en années.

[5L’agrément d’OSP n’a été retiré que le jour même de l’expulsion de Souleymane.



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