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Perturbations sur la politique d’expulsions


mardi 22 août 2006 - Réagir Imprimez

Roissy. Souleymane Bagayogo, travailleur dans la sûreté devant être expulsé vers le Mali, a finalement été débarqué de l’avion vendredi.

Il est 17 h 30. Sur les panneaux de l’aéroport, le départ de l’avion de 16 h 50 pour Bamako n’est toujours pas annoncé. « C’est bon signe », murmure un ami de Souleymane Bagayogo, les yeux rivés sur les panneaux, mais n’osant trop y croire. La bonne nouvelle est confirmée quelques minutes plus tard, par un coup de téléphone : de fortes réactions des passagers ont incité le commandant à ne pas prendre le sans-papier à bord du vol. « C’est la première fois que nous nous félicitons du retard d’un avion », s’enthousiasme alors une militante de la CGT. «  Souleymane Bagayogo a été débarqué !  »

En début d’après midi, une cinquantaine de syndicalistes de la CGT et de défenseurs de la cause des sans-papiers sont venus s’opposer au départ du jeune homme d’origine malienne. Âgé de trente et un ans, il est marié et père d’une petite fille de neuf mois. Arrêté sur son lieu de travail, cet employé d’une société de gardiennage avait été dénoncé en juillet par son patron. «  Passagers, debout ! Pas d’expulsions du tout  », scande un mégaphone, repris par les manifestants massés devant les portes d’embarquement. Des drapeaux du syndicat flottent dans le hall. Deux femmes déploient une énorme banderole : « Salariés sans papiers, salariés exploités ! » On distribue des tracts à des passagers attentifs. La police, regroupée devant les portes, observe en silence.

«  La préfecture n’en manque pas une  », ironise un des syndicalistes, campé derrière la banderole. « Elle avait tellement hâte d’expulser M. Bagayogo qu’elle n’a pas pris le soin d’examiner la liste des passagers. » De fait, sur cette liste figure le ministre des Affaires étrangères malien. Pour son refus d’embarquer, Souleymane Bagayogo n’a pas été placé en détention, mais remis au centre de rétention de Bobigny. « La préfecture a toujours l’intention de le remettre dans l’avion », constate Jean-Albert Guidou, de l’union locale CGT de Bobigny. Seulement, il va falloir auparavant le soigner. Durant sa tentative d’embarquement, le travailleur malien a subi des violences : il a une bosse sur la tête, et son bras droit est vraisemblablement cassé. « Notre priorité, c’est que Souleymane Bagayogo soit hospitalisé », affirme Jean-Albert Guidou. Un temps précieux peut être gagné. Car si l’expulsion a été ajournée, la bataille n’est pas terminée.

Laurent Checola - L’Humanité du 21/08/2006


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