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Ils sont sans papiers, et licenciés !


vendredi 7 juillet 2006 - Réagir Imprimez

Exploitation. La société de sécurité OSP profitait de la situation irrégulière de salariés pour les exploiter. Neuf ont fait appel à la CGT.

Des sans-papiers qui contestent leur licenciement, la situation n’est pas banale... Hier devant la direction départementale du travail de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, la CGT organisait un rassemblement à l’occasion d’une rencontre avec le directeur adjoint du travail pour tenter de régler le cas de neuf travailleurs en situation irrégulière. Tous d’origine malienne, ils travaillent depuis plusieurs années pour la société de sécurité Omnium de sécurité privée (OSP), qui fournit des vigiles à des Monoprix de la région parisienne.

« C’est le patron qui nous a dénoncés »

« Il y a quelques semaines, ils sont venus à quinze à l’union locale CGT de Bondy pour se syndiquer, raconte Jocelyne Lesur, secrétaire générale de l’UL. À l’époque, ils ont fait état de problèmes pour se faire payer par leur patron, M. Zanga. Mais en mai, celui-ci a fait pression sur l’un d’entre eux pour qu’il démissionne, sous prétexte qu’il n’avait pas de papiers. Et à la fin mai, il en a licencié quinze autres pour faute grave, pour absence de titres de séjour. » En parallèle, ces travailleurs ont reçu des courriers de la préfecture à propos de leur situation irrégulière. Neuf ont fait appel à la CGT.

« C’est le patron qui nous a dénoncés à la préfecture pour se débarrasser de nous, mais il savait depuis le début que nous étions sans papiers, estime l’un d’entre eux. Il nous demandait même de lui amener d’autres Maliens dans la même situation. » « Normalement, dans la sécurité, un employeur doit demander un agrément à la préfecture pour tout salarié qu’il embauche, et il ne l’avait jamais fait, confirme Jocelyne Lesur. Il a donc volontairement fait travailler ces salariés sans les déclarer, pour les exploiter. Sur les 100 vigiles employés, 65 seulement sont déclarés à l’URSSAF. »
Dans les Monoprix, les vigiles font des journées de 13 heures avec 1 heure de pause pendant 4, voire 6 jours d’affilée, pour un salaire entre 1 000 et 1 300 euros, soit bien en dessous du SMIC horaire.
« on ne s’est pas laissé faire »

Chez OSP, le turnover des sans-papiers était organisé : « Chaque année, M. Zanga se débarrassait d’une dizaine de vigiles, par simple intimidation, raconte l’un des Maliens. Mais nous, nous avons plus d’ancienneté, nous sommes diplômés, on ne s’est pas laissé faire. Alors il a dû employer une autre méthode, par la préfecture. Aujourd’hui on sait qu’on risque l’expulsion en se battant, mais on s’en fout. On veut que cet employeur arrête ses agissements. » « Les directeurs de Monoprix devaient être au courant de notre situation », estime un Malien.
« On va déposer des dossiers aux prud’hommes pour obtenir des indemnités de licenciement, explique Jocelyne Lesur, et nous demandons des titres de séjour pour les protéger le temps de la procédure. » Hier, le directeur du travail a confirmé qu’une enquête était lancée sur l’employeur, mais, concernant les titres de séjour, il a renvoyé l’affaire vers la préfecture. « La balle est dans le camp du préfet, qui a le pouvoir d’attribuer à ces salariés des titres de séjour », a résumé Vincent Duguet, maire adjoint communiste de Bondy et membre de la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers.

Fanny Doumayrou - L’Humanité - 07/07/2006


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