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Ethiopien mort lors de son expulsion : sursis requis contre deux policiers


vendredi 29 septembre 2006 - Réagir Imprimez

L’accusation a requis jeudi une peine avec sursis contre deux des trois policiers de la police aux frontières (PAF) jugés à Bobigny pour avoir involontairement causé la mort d’un Ethiopien lors de son expulsion en janvier 2003 à Roissy (Val d’Oise).

Le jugement du tribunal correctionnel a été mis en délibéré au 23 novembre.

Alors qu’il se débattait pour ne pas être expulsé, Getu Hagos Mariame, 24 ans, avait fait un malaise dans la nuit du 16 au 17 janvier 2003, juste avant le décollage de son avion, en raison de la forte pression exercée par les policiers pour le tenir plié sur son siège, la tête sur les genoux. Transporté dans le coma, il était mort le lendemain.

Les trois policiers qui l’escortaient, âgés de 26 à 32 ans, étaient jugés jeudi pour "homicide involontaire". Suspendus pendant dix mois, ils ont depuis été réintégrés dans un autre service de la PAF.

Pour l’avocat des parents de la famille, absente, les policiers « sont allés plus loin que la force strictement nécessaire » car « il y avait urgence à expulser M. Hagos », débarqué le 11 janvier à Roissy. L’Ethiopien avait essuyé un refus d’asile politique.

Si M. Hagos était déféré devant le tribunal pour refus d’embarquer, « il y avait un risque de nullité », a plaidé Me Stéphane Maugendre, expliquant que le jeune homme n’avait pas été présenté à un juge des libertés et de la détention dans le délai prévu par la loi.

Sans le suivre dans ce raisonnement, la procureure, Nadine Perrin, a demandé la condamnation de principe d’Axel Dallier, le chef d’escorte, et de Merwan Khelladi. Elle a toutefois considéré « qu’ils n’avaient pas transgressé le règlement » en pratiquant le "geste de compression" à l’origine de ce décès qu’elle a qualifié de « marginal » au regard des 14.000 reconduites effectuées chaque année à l’époque à Roissy.

La magistrate n’a pas demandé de peine précise, s’en remettant à l’arbitrage du tribunal.

La vie et la personnalité de la victime - souvent appelé "le non-admis" par la présidente, ou "INAD" pour "individu non admis" dans le vocabulaire PAF - n’ont pour ainsi dire pas été évoqués.

Dans sa plaidoirie, l’avocate d’un policier a évoqué « le calme et le professionnalisme des trois agents » face à « un personnage qui va se déchaîner », parce que « il n’a plus rien à perdre. »

« A aucun moment, je n’ai pensé que le pliage (du corps au niveau du bassin, ndlr) pouvait tuer », a déclaré le chef d’escorte Axel Dallier, qui réfute s’être assis sur la victime comme l’affirment trois témoins. Les policiers contestent les témoignages des personnels de bord évoquant que deux d’entre eux s’étaient littéralement assis sur le dos du jeune homme.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité a depuis recommandé l’abandon de ce geste de "pliage" enseigné à l’école de police.

« Depuis ce drame, des consignes écrites ont été établies et on a revu la formation des policiers d’escorte qui était, il faut le dire, lacunaire », a noté la procureure.

« Un homme est mort, loin de chez lui, entre les mains de la police française et j’aurais aimé juste un seul mot pour le papa et la maman de M. Hagos », a déclaré Me Maugendre.


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