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L’UGICT-CGT PNC exige l’arrêt des expulsions à bord des vols Air France


lundi 20 novembre 2006 - Réagir Imprimez

Les expulsions : un drame humain

Depuis cet été, avec le durcissement des lois contre l’immigration, le rythme des personnes expulsées s’est brutalement accéléré.

Des hommes, des femmes mais aussi des enfants, hier encore immigrants légaux, se retrouvent traqués, arrêtés, placés en rétention, avant d’être expulsés parfois dans des conditions violentes et choquantes. Deux expulsés ont déjà trouvé la mort au cours de ces opérations musclées.

L’UGICT-CGT PNC [1] demande à la Direction de cesser de mettre des appareils et des équipages Air France à disposition du Ministère de l’Intérieur pour effectuer ces expulsions. Trop de PN se retrouvent, malgré eux, placés devant l’horreur accomplie, contraints d’assister, impuissants, à ces drames, voire confrontés à la rébellion des passagers, auxquels ni leur fonction ni leur formation ne les a destiné.

Le double jeu de la direction :

Interpellée à de plusieurs reprises par plusieurs organisations syndicales, aux premiers rangs desquelles la CGT et l’UGICT-CGT, la Direction d’Air France se mure derrière l’argument de la réquisition, qui nous paraît peu sincère :

- Air France est aujourd’hui entièrement privée, et l’on ne connaît pas d’éléments de droit autorisant, en dehors des cas de guerre ou de catastrophes naturelles, un Etat à réquisitionner personnels et équipements d’une entreprise privée. Pour preuve, en 1998, alors que nous étions pourtant sous le contrôle direct de l’Etat, le PDG d’AF avait su décider un embargo contre toutes les expulsions...

- Air France n’a pas entamé la moindre action de fond, sur le plan juridique ou politique, pour protester contre cette confiscation de son outil de travail et de ses personnels par un pouvoir en proie au pire populisme en cette période préélectoral. Nous la savons plus persévérante à d’autres occasions... A contrario, elle n’hésite pas à se constituer partie civile pour poursuivre les passagers qui se sont solidarisés avec les personnes expulsées.

- Ces expulsions rapportent gros, c’est un fait. L’équivalent du tarif plein pour chaque « ticket d’expulsion ». Quel mal à soigner notre « recette unitaire »... Interrogée à ce sujet, la Direction se fait muette.

- La Direction ne lésine pas sur le coût de la tonne de papier glacé pour proclamer haut et fort son engagement et ses actions humanistes en faveur des pays... dont sont issus les personnes dont elle permet la proscription.

Une affaire de conscience...

Imaginez qu’à bord du vol où vous opérez, débarquent trois ou quatre policiers en prise avec une personne menottée, accompagnée de ses enfants, tous expulsés vers un pays supposé leur où ils n’ont ni toit ni famille. Imaginez les hurlements, les coups, les pleurs...

Que devons - et surtout que venons-nous faire dans ce scénario cauchemar ?

Jusqu’où va le contrat de travail ? Le lien de subordination à l’employeur, tel qu’il découle du « contrat » de travail, doit-il empiéter sur notre liberté de conscience, d’essence constitutionnelle ?

Va-t-il jusqu’à nous contraindre à exiger des passagers tentés de se solidariser avec la victime de l’expulsion qu’ils s’assoient ? Qu’ils se taisent ? A participer, sur la base de nos témoignages, au lynchage judiciaire dont ils sont parfois victimes pour « entrave à la circulation d’un aéronef » ?

... et de responsabilité collective

Ce drame en rappelle d’autres. Parce que ces personnes qu’on expulse, comme d’autres avant elles, ne sont coupables de rien, si ce n’est d’être nées au mauvais moment, au mauvais endroit et d’avoir espéré pouvoir vivre dignement.

L’histoire est faite, hélas, de ces rebondissements où ce que l’on présente comme normal, « inéluctable » voire souhaitable un jour, parce que c’est la loi, l’économie ou le Saint-Esprit qui le veut, est jugé le lendemain monstrueux, inacceptable.

Deux évènements récents nous invitent à revisiter cette question, cruciale à l’heure de la dictature économique rampante, de la citoyenneté dans l’entreprise et de la responsabilité sociale des salariés dans le cadre de leur contrat de travail.

En Allemagne, où sévit comme ici une montée de l’extrême droite et son corollaire, l’exploitation politique de la misère humaine, le syndicat des pilotes « Cockpit » a appelé ses adhérents à refuser d’embarquer des passagers qui seraient expulsés contre leur volonté, contraignant la compagnie Lufthansa à s’engager publiquement à ne plus procéder à des expulsions si les réfugiés faisaient preuve d’une « résistance reconnaissable ».

En France, des familles de déportés pendant la deuxième guerre mondiale ont récemment attaqué la SNCF et obtenu gain de cause.

Et si demain, ou dans 10, 20, 30 ans, dans un climat politique plus respectueux des droits de l’homme et des libertés individuelles, des enfants de personnes expulsées à bord d’avion AF, « disparues » dans le pays où on les a renvoyés, venaient à demander des comptes à Air France ?

Nous avons des droits, utilisons-les pour mettre la direction face à ses responsabilités !

Parce que les PN n’ont pas à assumer collectivement les conséquences inhumaines des choix électoralistes de quelques individus.

Parce notre mission n’est pas de transporter des passagers contre leur gré et/ou d’assister impuissants à leur détresse mais, au contraire, de veiller au strict respect des règles de sécurité à bord et de porter secours aux passagers en cas de besoin.

Nous exigeons de la Direction qu’elle mette un terme à l’utilisation d’appareils commerciaux et d’équipages Air France pour effectuer ces expulsions.

En attendant, chaque membre de l’équipage a la possibilité de refuser ces expulsions et, ensemble, de participer à un acte de résistance collective. Nous invitons :

- Les PNT [2] à user de leur droit de refuser d’embarquer tout passager expulsé contre son gré, susceptible de remettre en cause la sécurité du vol.

- Chaque PNC à user de son droit de débarquer, reconnu par le décret de 1991 (inaptitude physique ou psychologique), sans perte de salaire.

Notes

[1Personnel navigant commercial

[2Personnel navigant technique


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