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« Les policiers se sont assis sur moi… »


samedi 11 août 2007 - Réagir Imprimez

Immigration. Sous le coup d’un arrêté d’expulsion, un Algérien aurait subi des violences de la part des agents de la PAF de Roissy. « Un cas qui n’est pas isolé », assure la Cimade.

Depuis quinze jours, un Algérien attend son expulsion du territoire français au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). La trentaine entamée, Mehdi [1] est affaibli par une grève de la faim commencée au premier jour de sa garde à vue, le 26 juillet. Il peine à respirer et se plaint de douleurs sur tout le corps. Arrêté au sortir de son travail, Mehdi a refusé, vendredi dernier, son embarquement à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, dans un avion à destination d’Alger. Il aurait alors été violemment réprimé par les fonctionnaires de la police aux frontières (PAF).

Pieds et poings liés

« Les policiers m’ont frappé au ventre avec le genou pour me forcer à m’asseoir. Ils m’ont menotté et attaché les pieds avec du ruban adhésif. Quand j’étais à terre, certains se sont assis sur moi », raconte Mehdi depuis le centre de rétention où nous lcontacté. Alerté par les cris, le commandant de bord a refusé de l’embarquer.

Depuis, Mehdi a porté plainte pour violences policières, après que des intervenants de la Cimade et les services de l’hôpital de Meaux ont constaté des traces de strangulation et autres brutalités. Cette plainte s’ajoute à l’action en justice conduite par son avocate sur la légalité de sa reconduction. « Mais ce nouvel appel n’est pas suspensif, précise cette dernière, ce qui signifie qu’il peut faire l’objet d’une nouvelle reconduite du jour au lendemain. »

Mehdi craint que ce soit le 12 août prochain. « J’ai entendu parler de cette date. Je protesterai à nouveau et ferai tout pour ne pas être embarqué, assure-t-il. D’ici là, je continue bien sûr ma grève de la faim. » Douze kilos de perdus depuis fin juillet pour un poids avoisinant les 47 kg actuellement, et une tension constatée à 8. Mehdi est arrivé à Sartrouville en 2001 pour rejoindre sa compagne française avec laquelle il vit depuis. Son dossier comporte plusieurs témoignages de voisins solidaires, ainsi qu’une promesse d’embauche. « Ma nouvelle vie est ici… »

Ce cas est le deuxième déjà répertorié par la Cimade au mois d’août. Un citoyen algérien, depuis lors renvoyé dans son pays d’origine, avait déjà résisté, jeudi dernier, à son embarquement à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Lui aussi se plaignait de l’attitude des agents de la police aux frontières. Les intervenants de l’association oecuménique décrivaient alors un homme « portant des ecchymoses un peu partout sur le corps et dont le visage tuméfié saigne encore lorsqu’il est entendu ».

Actes de désespoir

La Cimade rappelle que ce genre d’événements dramatiques ne sont pas des cas isolés. « Ils s’inscrivent dans le cadre d’une politique toujours plus dure contre les migrants, politique qui se traduit tant dans les actes de désespoir auxquels sont conduits certains étrangers placés en rétention (automutilations, suicides), que dans les violences qui sont constatées régulièrement dans les opérations de reconduite. » Le 26 juin, un Malien accusé de « coups et blessures contre un policier » lors d’un embarquement a été reconnu en état de légitime défense par la justice.

Notes

[1Le prénom a été modifié.


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