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La machine à expulser fait des blessés


samedi 18 août 2007 - Réagir Imprimez

Répression . Les témoignages se multiplient faisant état de méthodes policières « barbares » lors d’expulsions de sans-papiers.

Les forces de l’ordre devraient y voir un avertissement : à mettre trop de coeur à l’ouvrage, elles risquent de ne pas remplir les objectifs fixés par Brice Hortefeux (125 000 arrestations de sans-papiers pour 25 000 reconduites à la frontière avant décembre 2007). Si elle n’était pas si dramatique, l’histoire de Khalifa Gurassy pourrait avoir valeur d’exemple. Ce Guinéen est l’un des grévistes de la faim de Lille, il a cessé de s’alimenter depuis le 15 juin. Arrêté lors de l’occupation de la bourse du travail (voir notre édition d’hier), il a été envoyé au centre de rétention de Toulouse, avant d’être transféré lundi à Roissy. Refusant l’embarquement, il a été molesté par la police de l’air et des frontières (PAF) : poignets attachés, cou entravé. Un médecin lui a délivré un certificat de non-compatibilité d’expulsion par vol. Depuis, son état de santé s’est dégradé. Hier, à son soixante-deuxième jour de jeûne, il ne parvenait plus à se lever ni à boire et souffrait d’hyperventilation.

Depuis quelques jours, les témoignages de violence lors de refus d’embarquement se multiplient. « Un refus d’embarquement se passe toujours violemment. Mais on atteint parfois des niveaux très élevés », confirme un militant de la CIMADE. Surtout depuis que la PAF a reçu des instructions très précises pour obliger physiquement les expulsés à embarquer. Ces méthodes ont déjà dramatiquement fait leurs preuves. En 2003, un Argentin et un Somalien avaient trouvé la mort, à quelques semaines d’intervalle, à bord d’un avion lors d’une expulsion forcée du territoire.

« Même une bête, on n’a pas le droit de la traiter comme ça ! » tempête Habiba, quarante ans. Cette Française vivait en concubinage avec un Algérien sans papiers et ne décolère pas depuis le 3 août. Ce jour-là, Abdelkader, trente-trois ans, refuse d’embarquer pour Alger. « Ils lui ont attaché les pieds, les mains, il n’avait plus que sa bouche pour hurler, raconte Habiba. Comme il refusait de se taire, les policiers lui ont donné des coups au ventre et l’ont étranglé. Puis ils lui ont tapé la tête contre les parois de l’avion. » À l’hôpital où l’emmène la CIMADE, les certificats médicaux confirment une plaie à l’arcade sourcilière et les marques de strangulation. Quatre jours plus tard, la PAF l’amène au Bourget, où un avion militaire l’emmène à Marseille. Il est mis dans un bateau pour Alger. Habiba s’est constituée partie civile dans une plainte pour coups et blessures.

Mardi, c’est Muanda, un Congolais de vingt-sept ans, qui a été renvoyé en RDC dans des conditions déplorables. Catherine Stern, militante RESF, était présente à Roissy pour empêcher son expulsion. « Il a été entravé avec une corde des pieds à la poitrine, raconte-t-elle. Et ce durant les dix heures de vol jusqu’à Kinshasa. Aujourd’hui encore, il a les pieds et les jambes gonflés et n’arrive pas à marcher. » Et c’est sans compter la violence psychologique : en concubinage en France, Muanda y avait la garde de deux fillettes. Il a été renvoyé dans un pays où il ne connaît personne, puisqu’il est orphelin de père et de mère. Ce sont des passagers de l’avion qui ont accepté de le recueillir chez eux


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