Desserte vers l’IRAN : Un petit pas vient d’être franchi mais les libertés sont loin d’être respectées (Communiqué CGT Transport aérien)



mardi 19 avril 2016

Suite au projet de réouverture des lignes aériennes entre la France et l’Iran, la direction d’Air France avait publié une note obligeant le personnel navigant féminin de porter un foulard sur la tête et des vêtements longs couvrant le corps, dès leur arrivée de vol à Téhéran tel qu’imposé par les autorités Iraniennes.

Grace à nos actions syndicales, les PNC féminines d’Air France qui refusent de se soumettre aux codes vestimentaires imposés par la loi de la république islamique d’Iran, symboles de soumission et de restriction des droits des femmes, ont obtenu le droit de refuser les vols à destination de Téhéran.

C’est une victoire ô combien symbolique pour le droit des femmes et leur liberté aussi bien en France que dans le reste du monde. Le soutien de militantes iraniennes, qui se battent pour la liberté de leurs concitoyennes en invitant les hôtesses et toutes les femmes qui se rendent en Iran à résister*, nous confortent dans notre lutte contre toute forme de privation des droits de la femme et de l’homme, nous les en remercions.

Le cas des hôtesses d’Air France n’est ni nouveau ni isolé : la section PNC de la CGT Air France avait déjà dénoncé ces pratiques il y a 8 ans avant la fermeture des lignes Air France sur Téhéran en saisissant les députés de l’assemblée nationale, mais ni les médias ni le gouvernement ne s’en sont émus à l’époque !

Nos collègues de Lufthansa nous rapportent qu’elles sont obligées de porter le tchador dans tous les lieux en Iran, sauf dans leur chambre et le crew lounge, considérés comme un territoire non Iranien. A KLM, les hôtesses ont été confrontées au même problème.

Tout aussi inquiétant, des hôtesses au sol à l’aéroport de Londres Heathrow qui travaillent (en sous traitance) pour... Air France KLM, portent le voile avec l’uniforme !

La logique qui se cache derrière le port du voile n’est pas une question religieuse ou de respect des coutumes, c’est une logique de privation des libertés et de droits pour les femmes et les hommes, orchestrée par le monde néo libéral et capitaliste, indispensable aux plus riches.

L’atteinte aux droits en Iran ne se limite pas aux femmes mais elle atteint aussi les travailleurs, les enseignants, les chômeurs, les étudiants, les lycéens, etc... Plusieurs centaines de militant(e)s féministes et syndicaux sont actuellement emprisonnés pour avoir revendiqué leurs droits les plus élémentaires et de meilleures conditions de travail.

Il existe de nombreux autres formes d’atteinte au droit et libertés de l’ensemble des salariés dans le transport aérien, dont les femmes sont des cibles particulières : harcèlement et surveillance H24 des hôtesses par la direction de Qatar Airways*, criminalisation et harcèlement des syndicalistes à Emirates, licenciement quand elles sont enceintes ou au contact de syndicalistes, absence totale de syndicat depuis plus de 25 ans à Ryannair et à Delta Airlines pour les membres d’équipage de cabine, profession très féminisée etc. En outre les homosexuels et les syndicalistes sont interdits, voire passibles de la peine de mort dans de nombreux pays. Un voyage en Iran ne permet pas de rentrer sur le territoire des USA sans visa (le visa étant plus contraignant que l’ ESTA) etc...

La libéralisation du transport aérien et les choix politiques de l’UE et des gouvernements, en faveur du développement des modèles économiques antisociaux (Low Cost, Ubérisation, pavillon de complaisance, compagnies du golfe...), participent largement à l’expansion de ces pratiques ancestrales et esclavagistes qui, aujourd’hui, se répandent comme du chiendent, y compris jusque dans les pays des droits de l’homme et dans les (ex) fleurons nationaux que sont les compagnies aériennes.

La France, pays des droits de l’homme, Air France, les entreprises françaises et le gouvernement doivent être exemplaires en matière de respect des droits humains, à commencer par ceux des femmes.

La CGT appelle les élus, gouvernants et dirigeants d’entreprises, à mettre un terme à toutes pratiques antisociales et inhumaines et à respecter partout les libertés fondamentales des hommes et des femmes de notre planète.

*https://m.facebook.com/StealthyFreedom/photos/a.859102224103873.1073741828.858832800797482/1367083519972405/?type=3

**https://fivestarstories.org/

http://www.itfglobal.org/en/campaigns-solidarity/campaigns/international-womens-day-2014/

Paris le 9 avril 2016