Roissy : fronde au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot


jeudi 27 décembre 2007

Les retenus sont « en grève ». Depuis le 20 décembre, une vingtaine de sans-papiers retenus au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), près de l’aéroport de Roissy, dans l’attente d’une reconduite à la frontière, protestent contre leurs conditions d’arrestation et de détention.

Hier soir, certains comptaient passer la nuit dehors. « Nous allons refuser d’entrer dans nos chambres et rester dans la cour », expliquait au téléphone Abou Ndianor, 37 ans, l’un des leaders du mouvement. Interpellé le 15 décembre, cet Orléanais, enseignant en mathématiques, doit être expulsé vers le Sénégal. Jeudi dernier, ils sont plusieurs dizaines à avoir manifesté pacifiquement leur désaccord face à une politique d’immigration qualifiée de « chasse à l’homme ». A l’heure du déjeuner, les sans-papiers sont entrés au réfectoire en brandissant un morceau de papier noirci d’un slogan : « France, cher pays de mon enfance » ou « Liberté, égalité, fraternité ». Dans la foulée, ils ont rédigé 24 doléances présentées l’après-midi même au directeur du centre de rétention. Manque d’hygiène dans les sanitaires, conditions de fouille « humiliantes », sentiment d’être « traités comme du bétail »… Sur deux pages s’étale, en style télégraphique, la détresse de 120 personnes.

Selon Francis Vuibert, secrétaire général de la préfecture de Seine-et-Marne, « certaines des revendications d’ordre technique, concernant l’organisation de la vie au centre, pourront être satisfaites ». Mais elle reste étrangement silencieuse sur la principale revendication des sans-papiers : l’arrêt de la procédure d’expulsion les concernants.