Prud’hommes : les sans-papiers d’OSP licenciés attendront jusqu’aux 24 mai


dimanche 18 février 2007

Ils ont appris la nouvelle le visage fermé. Visiblement déçus, les anciens salariés de la société de sécurité OSP basée aux Pavillon-sous-Bois, licenciés en mai 2006 parce qu’ils étaient sans-papiers, devront attendre avant de voir leur cause plaider devant les prud’hommes. L’affaire vient en effet d’être renvoyée aux 27 mai prochain à la demande de l’administrateur judiciaire de la société - placé en liquidation judiciaire depuis le 18 octobre - et de l’Assurance garantie des salaires (AGS).

La CGT fait pression pour obtenir leur régularisation

« Le 24 mai, justement, cela fera un an jour pour jour que nous avons été licenciés », relève Souleymane, qui accueille ce nouveau délai avec philosophie « c’est un signe, cela va nous porter chance », prophétise un de ses collègues. Ils sont 12 à avoir ainsi porté l’affaire devant la justice du travail. Certains d’entre eux étaient en CDI depuis quatre ans quand OSP, leur employeur, a décidé de les licencier « pour faute grave », plusieurs mois après avoir appris de la préfecture qu’ils utilisaient de faux titres de séjour. Pour les plaignants, épaulés par la CGT, leur patron connaissait parfaitement leur situation irrégulière et aurait même passé des années à exploiter des sans-papiers. Devant le conseil de prud’hommes, ils entendent réclamer plus de 10 000 € chacun au titre du préavis, de l’indemnité de licenciement mais aussi des dommages et intérêts pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse ».

D’ici là, la CGT maintient la pression côté préfecture pour obtenir la régularisation de ses anciens agents de sécurité. Jocelyne Lesur, en charge du dossier pour la CGT 93, envisage de contacter des élus « pour qu’ils parrainent chacun un sans-papier ».